Je vais être honnête dès la première ligne : je n’ai pas pris énormément de plaisir à ma première compétition de CrossFit. Elle m’a baptisé, elle m’a appris des choses, mais je n’en garde pas le souvenir euphorique qu’on lit partout. Et c’est précisément pour ça que j’écris cet article.
- BGR ContestOrganisé par CrossFit Bergerac
- Mars 2022Samedi 26 et dimanche 27
- En équipeSous les couleurs de CrossFit Genum
- Bas du classementEt ça n’a rien changé
Pourquoi j’y suis allé
Pour une raison qui n’a rien d’héroïque : on me l’a proposé, et j’ai dit pourquoi pas. Je pratiquais depuis deux ans, je n’avais aucune ambition de classement, et je ne me suis pas préparé spécifiquement. Il manquait quelqu’un dans une équipe, j’étais disponible.
C’est probablement la meilleure raison d’y aller pour une première. Tu ne t’y rends pas pour prouver quelque chose, tu y vas pour voir.
Le format, et pourquoi il était intelligent
Il n’y avait ni RX ni scaled. À la place, un système de points : chaque mouvement rapportait une valeur différente selon sa difficulté. Un bar muscle-up valait plus qu’un chest-to-bar, qui valait lui-même plus qu’un pull-up.
Résultat : personne n’était bloqué à l’entrée. Tu faisais ce que tu savais faire, et tu marquais en conséquence. Celui qui ne sait pas faire de muscle-up enchaîne des pull-ups et avance quand même, au lieu de rester planté devant une barre pendant huit minutes.
Renseigne-toi sur ce point précis, il change tout pour une première. Un format à points ou une catégorie « découverte » te garantit de participer du début à la fin. Un format RX strict peut t’immobiliser sur un mouvement que tu ne maîtrises pas, et transformer ton WOD en salle d’attente.
Le samedi : trois WOD, et une bonne surprise
Trois épreuves dans la journée, en équipe, avec ce que ça implique de temps mort, de chauffe et de rechauffe entre chacune.
La bonne surprise est venue de la gymnastique. Je ne maîtrisais pas vraiment le bar muscle-up à l’époque, et je me suis retrouvé à en enchaîner bien plus que je ne l’imaginais. C’est le genre de moment où la compétition te montre que tu es meilleur que l’idée que tu te fais de toi.
Le dimanche matin, 8 heures : le WOD qui m’a cassé
Voilà le moment où j’ai failli lâcher, et il n’a rien à voir avec la difficulté technique.
Départ à 8 heures du matin, en extérieur. Au programme : de la course à pied, des burpees dans la rosée, du deadlift à deux et un portage de brancard chargé.
J’ai subi ce WOD du début à la fin. Les lombaires qui parlent très vite sur le deadlift et le portage. Le souffle qui ne vient pas parce qu’à 8 heures du matin le corps n’est pas prêt. Et surtout les mains congelées : quand tu poses les paumes dans l’herbe mouillée sur des burpees, tu perds toute sensation, et tenir une barre après ça devient un exercice à part entière.
Ce que ça m’a vraiment appris
Le contenu des épreuves, je l’ai oublié. Ce que j’ai retenu, c’est tout ce qu’il y a autour, et que personne ne t’explique avant.
Le format compte plus que ton niveau
Deux jours de compétition, ce n’est pas deux fois une journée. C’est une nuit d’hôtel, un réveil dans un lit qui n’est pas le tien, un petit-déjeuner approximatif, et un corps qui a déjà encaissé trois WOD la veille. Ta forme du dimanche n’a rien à voir avec celle du samedi.
La distance compte aussi
Être loin de chez soi ajoute une couche de fatigue que personne ne compte : la route, la logistique, le sac qu’on refait, le sommeil qui n’est pas le même. Sur une première, ça pèse davantage que le niveau des autres équipes.
Le classement, lui, ne compte pas
On a fini vers le bas. Ça n’a strictement rien changé, ni sur le moment, ni après. Personne ne s’en souvient, moi le premier : j’ai gardé les sensations, pas le rang.
Ce que je ferais différemment
Une seule chose, mais elle est structurante : je choisirais une compétition sur une seule journée, près de chez moi.
Pas par facilité. Parce que le format que je préfère, c’est celui-là : on se donne à fond sur une journée, on finit ensemble, et on va manger tous les six le soir. La compétition, l’équipe et le repas d’après forment un tout. Sur deux jours avec une nuit d’hôtel au milieu, ce moment se dilue et tu passes plus de temps en logistique qu’avec tes coéquipiers.
- Une seule journée. Tu gardes la fraîcheur, l’énergie et l’ambiance sur un bloc.
- Le plus près possible de chez toi. Zéro hôtel, zéro logistique, tu dors dans ton lit.
- En équipe. Tu ne portes jamais le WOD tout seul, et tu as quelqu’un à qui parler entre les épreuves.
- Un format à points ou une catégorie découverte. Tu participes du début à la fin quel que soit ton niveau.
- Avec des gens de ta box. C’est ce qui transforme une journée d’effort en bon souvenir.
Est-ce que je recommande d’en faire une ?
Oui, sans hésiter. Même si je n’ai pas adoré celle-là.
Une compétition te montre en une journée ce que six mois d’entraînement ne te montrent pas : ce que tu vaux sous pression, ce qui lâche en premier chez toi, et ce que tu sais faire alors que tu croyais l’inverse. Mes muscle-ups du samedi, je ne les aurais jamais découverts à l’entraînement.
Mais choisis bien le format. Je n’ai pas détesté le CrossFit ce week-end-là, j’ai détesté les conditions dans lesquelles je l’ai pratiqué. La nuance change tout, et c’est la seule chose que j’aurais aimé qu’on me dise avant de m’inscrire.
J’ai retenu la leçon pour mes autres formats
Quatre ans plus tard, j’ai fait mon premier HYROX à Toulouse. Une seule journée, avec un ami, et là j’ai vraiment pris du plaisir. Ce n’est pas un hasard : c’est exactement le format que cette première compétition m’avait appris à chercher.
Les questions qu’on me pose
- Faut-il un niveau minimum pour faire sa première compétition ?
- Non, à condition de bien choisir le format. Sur le BGR Contest, le système de points permettait à chacun de marquer avec les mouvements qu’il maîtrisait. Regarde ce point avant de t’inscrire, c’est le seul qui détermine si tu vas participer ou regarder.
- En équipe ou en individuel pour une première ?
- En équipe, sans discussion. Tu partages la charge des WOD, tu n’es jamais seul face à un mouvement que tu rates, et tu as quelqu’un à qui parler pendant les longues heures d’attente entre les épreuves.
- Une compétition sur deux jours, bonne idée pour débuter ?
- À mon avis, non. C’est mon principal regret. Le dimanche, tu pars avec un corps déjà entamé, une nuit d’hôtel dans les pattes et un réveil qui n’est pas le tien. Pour une première, une journée suffit largement à te faire découvrir ce que tu es venu chercher.
- Faut-il se préparer spécifiquement ?
- Je ne l’ai pas fait et ça s’est passé sans dommage. Ton entraînement habituel te porte. En revanche, si tu sais qu’il y aura un WOD tôt le matin, teste au moins une fois de t’entraîner à cette heure-là : c’est ce qui m’a le plus surpris.
- Qu’est-ce qui surprend le plus quand on n’a jamais fait de compétition ?
- Le temps d’attente. Entre deux WOD, tu attends longtemps, tu refroidis, et il faut se rechauffer complètement. Et les conditions : le froid, l’herbe mouillée, un horaire imposé. Rien de tout ça n’existe dans le confort d’une box.
- Est-ce que c’est grave de finir en bas du classement ?
- On a fini vers le bas et je ne me souviens même pas du rang exact. Ce qui reste, ce sont les images, la fatigue partagée et deux ou trois moments précis. Le classement d’une compétition amateur ne survit à personne.
Photos prises au BGR Contest à Bergerac les 26 et 27 mars 2022. Je raconte mon parcours et ma pratique sur ma page auteur.








