Je fais du CrossFit depuis 2020. Je n’avais jamais fait d’HYROX, je ne m’y étais pas préparé une seule séance, et je savais en m’inscrivant que j’allais souffrir sur la course à pied. Voici comment ça s’est passé, avec mes chiffres réels et les erreurs que j’ai faites.
- Doubles OpenCatégorie 25-29 ans
- 927e / 1691Moitié du classement
- ToulouseMEETT, jeudi 19 mars 2026
- Objectif tenuJe visais moins de 1h20
Résultat officiel vérifiable : voir ma fiche sur HYRESULT.
8 km de course, 8 ateliers, toujours dans le même ordre
Un HYROX, c’est 1 km de course, puis un atelier, et on recommence huit fois. Les stations tombent toujours dans la même séquence : SkiErg, sled push, sled pull, burpee broad jumps, rameur, farmers carry, fentes lestées, wall balls. Pas de surprise, pas de tirage au sort. En doubles, on court les 8 km ensemble et on se partage les répétitions de chaque atelier comme on veut.
Tu n’as pas besoin d’être un athlète pour t’inscrire. Il y a un format Open, ouvert à tout le monde, et un format Pro avec des charges plus lourdes. Le doubles permet en plus de partager l’effort sur les ateliers, ce qui rend le premier bien plus abordable.
Ce qui te départage, ce n’est pas ta force. C’est ta capacité à courir huit fois un kilomètre avec des jambes déjà entamées.
Pourquoi je me suis inscrit alors que je n’y connaissais rien
Vincent, un de mes meilleurs amis, a voulu s’inscrire. Il court très bien, il fait déjà de l’HYROX, et moi je fais uniquement du CrossFit. J’ai pris ça comme un challenge, pas comme une performance à aller chercher. On passait le jeudi en fin de matinée, sur la première des quatre journées de l’étape toulousaine.
La seule chose que j’ai adaptée dans les semaines précédentes, c’est que j’ai couru pas mal à côté de mes séances. Pas un plan structuré, juste de quoi ne pas être complètement ridicule à côté de lui. C’est tout. Aucune séance sled, aucun travail spécifique sur les stations.
Moins de 1h20 pour moi, moins de 1h15 pour lui
On a terminé en 1:14:58. Les deux objectifs sont tombés, à deux secondes près pour le sien. En doubles, le chrono est commun : on court ensemble et on se partage les répétitions sur les stations. On a choisi de faire des séries courtes et de tourner souvent, plutôt que de longs blocs chacun son tour.
L’ambiance, la vraie surprise de la journée
Je m’attendais à une compétition. J’ai trouvé un événement. Il y a du son, des stands, une boutique, du monde partout, et surtout des gens qui font du sport et qu’on applaudit. On célèbre la performance, quel que soit le niveau.
C’est aussi là que j’ai découvert Lucis, qui sponsorisait l’étape toulousaine. Je ne connaissais pas du tout la marque avant de passer devant leur stand. On travaille ensemble depuis.
Les deux erreurs qu’on a faites avant même le départ
1. J’ai voulu apprendre le sled dans la zone d’échauffement
Je n’avais jamais poussé de sled de ma vie. Alors je suis allé m’entraîner sur l’aire d’échauffement, une heure avant. Sauf que je n’avais pas la technique : je poussais à bout de bras au lieu de pousser avec le corps, gainé, en engageant les jambes.
Concrètement : bras tendus devant moi, buste redressé, je poussais avec les épaules. La bonne position, c’est buste bas, bras fléchis près du corps, gainé, et ce sont les jambes qui envoient. Résultat de mon erreur : une marque énorme sur le bras, avant même d’avoir pris le départ. J’ai forcé comme un âne pour rien, et j’ai brûlé de l’énergie que j’aurais mieux fait de garder.
2. On n’a pas écouté le briefing
On était sur les ergos quand il a eu lieu. On s’est dit que ça irait. Ça n’a pas été sans conséquence, tu vas voir.
- Va au briefing. Il dure quelques minutes et il t’évite exactement ce qui nous est arrivé sur le sled.
- N’apprends aucun mouvement le jour J. Si tu ne sais pas pousser un sled, apprends-le en salle, des semaines avant, à froid et sans enjeu.
- Garde la zone d’échauffement pour t’échauffer, pas pour t’entraîner. Tu n’y gagneras rien et tu peux y perdre beaucoup.
Ma course, station par station
Voici le détail complet de nos 1:14:58. Le classement indiqué est celui de notre binôme sur les 1691 équipes présentes, station par station. Ça montre exactement où j’étais bon et où j’ai coulé.
| Segment | Temps | Classement |
|---|---|---|
| Run 1 | 4:28 | 1326e |
| SkiErg | 3:58 | 771e |
| Run 2 | 5:27 | 1232e |
| Sled Push | 2:15 | 1425e |
| Run 3 | 5:32 | 1034e |
| Sled Pull | 3:23 | 747e |
| Run 4 | 5:40 | 1166e |
| Burpee Broad Jump | 2:51 | 687e |
| Run 5 | 5:46 | 1093e |
| Rameur | 4:08 | 370e |
| Run 6 | 5:46 | 1174e |
| Farmers Carry | 1:27 | 433e |
| Run 7 | 5:43 | 1112e |
| Sandbag Lunges | 3:23 | 577e |
| Run 8 | 6:02 | 1184e |
| Wall Balls | 3:50 | 277e |
Et les trois totaux qui résument tout :
| Total | Temps | Classement |
|---|---|---|
| Course à pied (8 km) | 44:21 | 1152e / 1691 |
| Stations (les 8 ateliers) | 25:15 | 569e / 1691 |
| Roxzone (les transitions) | 5:22 | 635e / 1691 |
La Roxzone, ce sont les transitions entre la course et l’atelier. C’est mon meilleur classement des trois, et c’est le seul endroit où on gagne du temps sans être plus fort : il suffit de ne pas traîner.
Le tableau dit exactement ce que je pressentais : je suis dans la seconde moitié du classement sur la course, et dans la première sur les ateliers. Le CrossFit m’a porté sur les stations, mon manque de caisse m’a coûté sur le run. Mon allure moyenne, transitions comprises, est de 5:43 au kilomètre.
Mon tableau est probablement le tien. Le CrossFit te donne des ateliers solides : tu sais ramer, tu sais faire des wall balls, tu sais porter lourd. Ce sont mes trois meilleurs classements.
Ce qu’il ne te donne pas, c’est la caisse pour enchaîner huit kilomètres. C’est là que j’ai perdu 500 places, et c’est la seule chose sur laquelle il faut vraiment travailler avant un premier HYROX.
Ce qui m’a détruit, et ce qui m’a surpris
Le sled push, de loin le pire moment
C’est ma pire station du classement, et de très loin : 1425e sur 1691. Deux raisons. La technique, que j’avais mal apprise une heure plus tôt. Et surtout : on a mal compté et on a fait un demi-aller en trop. Voilà la conséquence directe du briefing qu’on n’a pas écouté.
Un demi-aller de sled en trop, c’est du temps perdu, mais surtout des cuisses vidées pour le kilomètre suivant. Sur un format où tu cours encore six fois après, c’est une facture que tu paies longtemps.
Les fentes et la congestion, que je n’avais pas vues venir
Je m’attendais à souffrir sur les burpees. Finalement, ça allait plutôt bien, 687e. C’est la station où je suis le plus proche de la moyenne du plateau.
Ce sont les sandbag lunges qui m’ont surpris : la congestion des cuisses arrive vite, et elle ne part plus pour le run qui suit. C’est aussi le moment où le risque de crampe monte d’un cran.
Ce qui a mieux marché que prévu
Le tableau contient une bonne nouvelle que je n’attendais pas : mes trois meilleurs classements de la journée sont tous des ateliers de CrossFit pur.
Les wall balls, 277e sur 1691, en dernière station, avec les jambes déjà mortes. Le rameur, 370e. Le farmers carry, 433e, expédié en 1:27. Trois mouvements que je fais toutes les semaines depuis 2020, et ça se voit immédiatement dans les chiffres.
C’est exactement pour ça que je dis qu’un crossfitteur part avec un avantage réel sur cette épreuve. Pas sur le chrono global, mais sur la moitié technique de la course.
La course, la vraie note salée
J’en ai chié, il n’y a pas d’autre mot. Regarde la progression : 4:28 sur le premier run, 6:02 sur le dernier. Une minute et demie d’écart. C’est ce qui arrive quand on n’a pas la caisse et qu’on enchaîne huit fois un kilomètre entre deux ateliers. C’est exactement ce que j’appelle le compromised running : courir avec des jambes déjà cuites n’a rien à voir avec courir frais.
Ce que j’ai mangé et ce que j’avais aux pieds
Petit-déjeuner complet le matin, puis une banane 45 minutes avant le départ, de l’eau et des électrolytes. Rien d’exotique, et surtout rien de nouveau. Ça a très bien tenu, aucun souci digestif. J’ai détaillé la stratégie complète dans mon guide quoi manger avant un HYROX, et le rôle des électrolytes dans un autre.
Aux pieds, mes runnings Brooks. Pas de chaussure spécifique HYROX. Sur ce format, avec 8 km de course, une vraie chaussure de running est plus utile qu’une chaussure de CrossFit. Le reste de l’équipement, je le détaille dans mon guide sur la tenue pour un HYROX.
L’arrivée, et les jours d’après
De la fierté, franchement. Pas de la performance, de la fierté d’être allé au bout d’un format que je ne connaissais pas trois mois plus tôt.
La chose qui m’a le plus surpris, c’est mon cardio. Il est resté très haut du début à la fin, sans jamais vraiment redescendre, même sur les ateliers où je pensais récupérer un peu. Ce n’est pas comme un WOD où tu as des pics et des creux : là, c’est une ligne haute pendant 1h15. Si tu veux suivre ça pendant ta course, j’ai comparé les montres pour HYROX.
Le lendemain, la surprise a été inverse : pas grand-chose comme courbatures. Beaucoup moins qu’après une grosse séance de jambes. L’effort est long et continu, mais il reste peu traumatisant sur le plan musculaire. Ma routine complète est dans mon guide sur la récupération après un HYROX.
Ce que je ferais différemment
Deux choses, et seulement deux :
Préparer la course à pied. Pas courir un peu à côté, mais construire de la caisse et travailler l’enchaînement course-atelier. C’est là que se joue la moitié du chrono, et c’est là que j’ai perdu le plus de places.
Travailler le sled push. Pas la force, la technique. Savoir se placer, se gainer, pousser avec les jambes. Dix minutes d’apprentissage un mois avant valent mieux qu’une heure de forçage le jour même.
Est-ce que j’en referai un ?
Oui, mais soyons clairs sur le pourquoi. Je ne suis pas un passionné d’HYROX. Ce n’est pas moi qui vais en enchaîner huit dans l’année, et ce n’est pas devenu mon sport.
Si j’en refais un, ce sera avec Vincent, et pour une seule raison : voir si on fait mieux. Maintenant que j’ai les données, je sais exactement où sont les 5 minutes à gagner, et ce serait dommage de ne pas essayer.
Ce que je retiens surtout, c’est que l’expérience valait largement le déplacement. Une journée dans une ambiance pareille, avec un pote, à se mettre minable et à en rire ensuite : ça se suffit à soi-même.
Si tu veux faire ton premier, voilà l’ordre dans lequel je m’y prendrais aujourd’hui :
- Inscris-toi en doubles. Tu partages les ateliers, tu as quelqu’un qui te tire sur la course, et l’ambiance est bien plus agréable qu’en solo.
- Cours, même mal. Deux sorties par semaine pendant deux mois changent déjà tout. Et travaille au moins une fois l’enchaînement atelier puis course, c’est une sensation à part.
- Apprends le sled. Dix minutes de technique en salle valent une heure de forçage le jour J.
- Ne change rien à ton alimentation la veille et le matin. Ce qui marche à l’entraînement marchera le jour J. C’est le seul moment où être ennuyeux est une stratégie.
Un crossfitteur non préparé s’en sort très bien
Je n’avais fait aucune séance spécifique, et je termine 927e sur 1691, pile au milieu du plateau, en visant simplement de finir sous 1h20. Si tu fais du CrossFit régulièrement, tu as déjà le moteur pour les stations. Ce qui te manque, c’est la course. Et ça, ça se travaille. Si tu pars de zéro, commence par mon guide pour débuter en HYROX.
Les questions qu’on m’a posées depuis
- Quel chrono viser pour un premier HYROX ?
- Ne vise pas un chrono, vise de finir. Sur les 1691 équipes engagées à Toulouse, les temps s’étalaient de moins d’une heure à plus de deux heures. J’avais mis 1h20 comme limite haute, ça m’a donné un cadre sans me mettre la pression. On a fini en 1:14:58.
- Faut-il savoir courir avant de s’inscrire ?
- Oui, c’est la seule vraie condition. Tu peux compenser un mauvais sled par de la volonté, tu ne compenses pas 8 kilomètres. Deux sorties par semaine pendant deux mois suffisent à changer complètement ta course.
- Doubles ou solo pour un premier ?
- Doubles, sans hésiter. Tu partages les répétitions des ateliers, quelqu’un te tire quand tu coules, et c’est beaucoup plus agréable à vivre. Le solo, tu le garderas pour quand tu voudras savoir ce que tu vaux vraiment.
- Quelles chaussures faut-il ?
- Des chaussures de running. Avec 8 kilomètres de course sur 1h15 d’effort, c’est la course qui dicte le choix, pas les ateliers. J’ai fait le mien avec mes Brooks habituelles et je n’ai rien regretté.
- Combien coûte une inscription ?
- J’ai payé 110 € par personne pour l’étape de Toulouse en 2026, en doubles. Les tarifs montent au fur et à mesure que l’événement se remplit, donc s’inscrire tôt coûte moins cher.
- Est-ce qu’on a des courbatures le lendemain ?
- Beaucoup moins que je ne le pensais. L’effort est long mais peu traumatisant sur le plan musculaire, très loin d’une grosse séance de jambes. Ce qui reste, c’est la fatigue générale, pas la douleur.
- Faut-il faire du CrossFit pour s’en sortir ?
- Non, mais ça aide énormément sur la moitié de l’épreuve. Mes trois meilleurs classements sont des mouvements que je pratique toutes les semaines. À l’inverse, un coureur régulier sans salle s’en sortira mieux que moi sur les 8 kilomètres.
Toutes les données de cet article viennent de ma fiche de résultat officielle. Les classements par station sont ceux de notre binôme sur les 1691 équipes engagées à Toulouse en 2026. Je raconte mon parcours et ma pratique sur ma page auteur.








