Le hook grip, c’est coincer le pouce sous les deux premiers doigts au lieu de le poser par-dessus. Ça tient tout seul, ça ne glisse pas, et ça fait mal. C’est cette dernière partie que personne ne traite, alors que c’est la première raison pour laquelle les gens abandonnent au bout de trois séances.
📋 Au sommaire
🏋️ Guide CrossFit · ⏱️ 5 minÇa fait mal, combien de temps ?
Oui, ça fait mal, et ce n’est pas le signe que tu t’y prends mal. Tu écrases la pulpe et l’ongle du pouce entre l’acier et tes propres doigts : la douleur est mécanique, pas technique.
Un ongle qui noircit ou une douleur qui persiste après la séance ne relèvent pas de l’adaptation. Là, il faut arrêter et regarder le placement, détaillé plus bas.
Ce que la recherche mesure vraiment
On lit partout que le hook grip augmente la force de traction. C’est faux, et deux études menées par la même équipe néo-zélandaise permettent d’être précis.
La première a comparé, chez 11 hommes bien entraînés ayant au moins trois mois de pratique du hook grip, leur maximum au power clean avec et sans[1]. Tous, sans exception, ont soulevé plus lourd avec le hook grip, et leur vitesse de pic, leur puissance de pic et leur hauteur de réception étaient supérieures sur la plupart des charges sous-maximales.
La seconde a cherché pourquoi, et c’est là que ça devient utile[2].
Ce que le hook grip change, phase par phase
Premier tirage
Forces et durée identiques
Deuxième tirage
Forces et durée identiques
Passage sous la barre
Plus rapide entre 80 et 95 %
Réception
C’est ici que se fait la différence
Comparaison du hook grip et de la prise fermée chez 11 haltérophiles entraînés[2]. Les forces produites sont les mêmes dans les deux cas : ce qui change, c’est le temps de passage sous la barre et la réception.
Autrement dit, le hook grip ne te rend pas plus fort au tirage. Il te permet de lâcher la barre plus vite pour aller la rattraper. Les auteurs vont plus loin et écrivent que le type de prise est possiblement sans importance pour un athlète non haltérophile sur des dérivés sous-maximaux sans réception[2].
Comment le placer


Quand il ne sert à rien
On le présente souvent comme indispensable. Il ne l’est pas partout, et la recherche citée plus haut dit précisément où il compte et où il ne change rien.
Sur le vocabulaire des mouvements concernés, tout est dans l’haltérophilie au CrossFit.
Les questions qu’on me pose le plus
Le hook grip fait-il mal ?
Oui, au début, et c’est normal : tu écrases la pulpe du pouce entre la barre et tes doigts. L’inconfort diminue avec l’exposition régulière, et deux tours de tape fin autour du pouce le rendent supportable pendant la phase d’adaptation.
Le hook grip rend-il plus fort ?
Pas au tirage. Chez 11 haltérophiles entraînés, tous ont soulevé plus lourd au power clean avec le hook grip, mais les forces produites pendant le tirage étaient identiques. Le gain vient du passage sous la barre et de la réception, plus rapides.
Faut-il faire le hook grip au soulevé de terre ?
Ça se défend comme alternative à la prise inversée, qui déséquilibre le dos, mais le bénéfice mesuré porte sur les mouvements avec réception. Sur un soulevé de terre, les auteurs estiment que le type de prise est possiblement sans importance.
Comment faire un hook grip correctement ?
Le pouce à plat sous la barre en premier, puis l’index et le majeur qui viennent le couvrir au niveau de l’ongle et non de l’articulation, et une main souple : la prise tient par sa géométrie, pas par la force de serrage.
Sources
- Oranchuk DJ, Drinkwater EJ, Lindsay RS et al., « Improvement of Kinetic, Kinematic, and Qualitative Performance Variables of the Power Clean With the Hook Grip », International Journal of Sports Physiology and Performance, 2019 ; 14(3):378-384. 11 hommes entraînés. Consulter
- Oranchuk DJ, Harbour ET, Lindsay RS et al., « Improved power clean performance with the hook-grip is not due to altered force-time or horizontal bar-path characteristics », Journal of Sports Sciences, 2022 ; 40(2):226-235. 11 hommes entraînés. Consulter
Les deux études portent sur onze hommes bien entraînés, tous déjà familiers du hook grip, et sur un seul mouvement, le power clean. C’est peu, et rien ne dit que le résultat se transpose à une femme, à un débutant ou à un autre mouvement. Aucune étude n’a mesuré la durée d’adaptation à la douleur : ce que j’en dis vient de la pratique, pas de la littérature.








