Couramment utilisée en milieu sportif professionnel et amateur, la créatine continue de souffrir de nombreux préjugés. Après que son image ait longtemps été ternie par des affaires de dopage, la créatine recouvre petit à petit sa bonne réputation. Mais quelques zones d’ombre demeurent. Quelle est la législation autour de ce supplément ? Est-ce que la créatine est un produit dopant ? Peut être légalement utilisée en compétition ? La réponse est oui, et je vous explique pourquoi.
La créatine est-elle un produit dopant ?
Je vais être direct. Non, la créatine n’est pas un produit dopant. Elle ne figure pas sur la liste des substances et méthodes interdites en compétition, et elle est encadrée comme un complément alimentaire, pas comme un produit dopant [1].
Bien que la créatine augmente la force musculaire et favorise l’effort physique intense, elle ne rentre pas dans les critères – présentés ci-dessous – qui caractérisent un produit dopant.[2]
Dans les faits, la créatine est une substance naturelle fabriquée par le corps et présente dans l’alimentation humaine. Lorsqu’un athlète prend de la créatine en supplément, elle vient compléter l’apport nutritionnel, au même titre qu’un complément alimentaire classique.
Ainsi, la présence naturelle de la créatine dans l’organisme et ses effets non toxiques la classe parmi les produits non dopants.

Qu’est-ce qu’un produit dopant ?
Petit rappel pour ceux qui sont dubitatifs : un produit dopant doit avoir été reconnu comme tel par une des instances sportives, dont le CIO et l’AMA.
Selon le règlement de l’AMA, pour être interdits, ces produits doivent cocher deux de ces trois critères :
- Amélioration artificielle des performances
- Risque pour la santé
- Atteinte à l’esprit sportif
Les autres instances obéissent à des règles similaires, pour juger de l’effet dopant – ou pas – d’une substance.
La stigmatisation de la créatine : un phénomène qui ne date pas d’hier
Mais alors, pourquoi la créatine a une mauvaise réputation ?
Cette image de la créatine ne date pas d’hier. Déjà dans les années 2000, lorsque les différents scandales liés au dopage secouent le monde sportif, la créatine est mise en avant, comme bouc émissaire.
Les sportifs dopés justifient faussement leurs performances par la prise de créatine, ce qui contribue à lui donner mauvaise réputation.

Mais les fausses rumeurs autour de la créatine ne s’arrêtent pas là.
Suite aux affaires de dopage dans le milieu du cyclisme, le gouvernement français tente – sans succès – de faire classer la créatine comme produit dopant.
L’affaire a dépassé le milieu sportif et s’est vue transposée à la une des médias. De nombreuses allégations ont été portées à l’encontre de la créatine, dont des risques pour le système cardio-vasculaire et des effets cancérigènes.
Depuis que l’affaire s’est tassée, les scientifiques ont largement démenti ces accusations. Aux doses recommandées, la créatine ne présente pas de risque documenté chez l’adulte en bonne santé [2]. L’ANSES la déconseille en revanche aux mineurs et aux personnes présentant un profil à risque rénal, hépatique ou cardiovasculaire, pour qui un avis médical préalable s’impose [1].
D’ailleurs, tant que nous sommes dans les compléments qui font polémiques… J’en profite aussi pour vous dire que la whey n’est pas un danger.
Quelle est la législation autour de la créatine ?
En France et dans le monde, la mise en vente de créatine sur le marché est soumise à de nombreuses réglementations. Sa vente est légale partout dans le monde, à condition que le produit soit conforme aux lois en vigueur.
En effet, l’étiquetage du produit doit :
- Indiquer sa composition
- Afficher un dosage recommandé
- Contenir des mentions de prévention ainsi qu’un avertissement de surdosage
Le vrai risque n’est pas la créatine elle-même, c’est la contamination possible d’un complément par une substance interdite au cours de sa fabrication. Pour la limiter, privilégiez un produit dont l’étiquetage mentionne les normes NF EN 17444 et / ou NF V 94-001, cette dernière étant la norme AFNOR citée par l’ANSES, sachant qu’une telle norme maîtrise ce risque sans le supprimer totalement [1].
D’ailleurs, si vous ne savez pas quelle créatine acheter, je vous conseille d’en acheter une ayant le label Creapure®. Si vous ne savez pas ce que c’est, voici un petit guide : Qu’est-ce que le label Creapure® ?
Sources
- ANSES, Avis relatif aux risques lies a la consommation de complements alimentaires destines aux sportifs, 2016. Consulter
- Kreider R. et al. (ISSN), International Society of Sports Nutrition position stand: safety and efficacy of creatine supplementation, JISSN, 2017. Consulter
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. En cas de pathologie, demande conseil à ton médecin avant toute supplémentation.








